Utiliser internet pour humilier son enfant ou la nouvelle pédagogie 2.0

La « technique » n’est pas encore parvenue en France, mais aux États-Unis elle est déjà malheureusement plus que courante. Humilier son propre enfant en postant sur internet des photos ou des vidéos de lui à l’occasion d’une punition, semble être la nouvelle pédagogie façon 2.0 des parents en mal d’autorité.

C’est la vidéo de ce père feignant de vouloir suivre la tendance, mais se rétractant finalement pour expliquer que jamais il ne ferait subir ce genre de chose à « son propre ADN », qui a déclenché de nombreuses réactions en France.

Voici une partie de ce que l’on peut comprendre dans les propos de cet homme :

« Jamais, jamais, je n’humilierai mon propre ADN sur Internet. […] L’humiliation peut causer suicides et dépression. […] Nous vivons dans une société dans laquelle les gens veulent enregister et diffuser la manière dont ils éduquent leurs enfants. […] Ce qui se passe en ce moment est incroyable et ça me brise le cœur.»

Et il à raison. On recense de plus en plus de publications de ce genre aux États-Unis. Dans ce pays où la moindre action peut prendre des proportions inimaginables, les parents adeptes de cette nouvelle éducation 2.0 contestée et contestable, sont de plus en plus nombreux.

Elle consiste à faire sortir la punition du cadre familial. L’enfant qui à fait une bêtise, et l’on sait à quel point elles sont nécessaires à sa construction, est puni par l’un de ses parents. Jusque là rien d’anormal. C’est le choix de cette punition et sa diffusion sur les réseaux sociaux que le sont.

On note le cas de ce petit garçon qui a voulu « jouer au grand » selon l’expression de son père (coiffeur) et qui s’est vu infliger ce que celui ci appelle une coupe de grand ; soit le crane rasé en forme de calvitie à un stade avancé.

Si la plaisanterie n’est déjà pas drôle dans le cadre privé, la bon papa n’a pas trouvé de meilleure idée que de poster la photo de son jeune fils ainsi coiffé sur Facebook en proposant aux autres parents de lui amener leurs « enfants pas sages ». L’homme a d’ailleurs reçu de nombreux soutiens via son compte Instagram.

rusty fred humiliation enfant

Source : Instagram

Une fillette de 10 ans qui s’était créé des comptes Facebook où elle s’affichait avec quelques années de plus s’est vue forcée, la encore par son papa, de poser avec des barrettes et un sac à dos princesse affichant son âge. La photo a été publiée sur le réseau Facebook.

Une autre histoire rapporte qu’un ado qui harcelait ses camarades d’école a été photographié par son père affublé d’une pancarte mentionnant ses noms, prénoms, méfaits, noms des camarades concernés ainsi que des excuses. L’histoire pourrait s’arrêter là, à ceci près que depuis la publication des clichés, c’est lui qui est harcelé au quotidien. Du reste, le pseudo Facebook du père est « SS Cow Boy » et celui-ci pose régulièrement vêtu de tee-shirts à la croix gammée bien visible …

Enfin, et c’est trop souvent la cause de ce type d’humiliations, au mois d’Avril dernier après que son père lui ait coupé les cheveux (sans apparaître lui-même à la caméra) et ait envoyé la vidéo sur Youtube, une jeune fille de 13 ans originaire de Tacoma s’est suicidée en se jetant d’un pont au dessus d’une autoroute.

Dans ce cas précis des sanctions ont été réclamées contre le père, mais l’histoire ne dit pas ce qu’il reste de la famille aujourd’hui.

Double punition pour ces enfants

Punis à la fois chez eux, devant chaque membre de leurs familles, et parfois même devant certains amis, les enfants qui font les frais de cette nouvelle et humiliante pédagogie, le sont également aux yeux du monde entier. Il n’y a plus de limite aux reproches qui peuvent leur être faits, ni au nombre de personnes qui les feront. Potentiellement agressés partout où ils vont, ces enfants sont fragilisés à un age ou l’on sait à quel point le regard des autres est souverain.

Enfin, il serait souhaitable que chaque parent qui utilise ou souhaite utiliser cette méthode pour affirmer son autorité, comprenne qu’il n’obtiendra ainsi qu’une blessure et non un apprentissage profitable à son enfant.


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