Travail : un boulanger condamné pour avoir travaillé 7 jours sur 7

Stéphane Cazenave est boulanger dans les Landes. Son entreprise il l’aime et tout ce qu’il demande c’est de pourvoir travailler autant qu’il le souhaite c’est-à-dire 7 jours sur 7. Pourtant, un arrêté préfectoral l’interdit depuis 1999 et l’artisan vient d’être condamné pour avoir trop travaillé.

boulanger ouvert 7 jours sur 7

Il en faut parfois peu pour être heureux et Stéphane Cazenave en sait quelque chose. Alors que ses baguettes ont été élue « meilleures de France » en 2014, ce passionné de 42 ans vient de se voir mis sous le coup de l’obligation par le biais d’un arrêté préfectoral et d’une décision de justice, de fermer son commerce chaque lundi de la semaine.

Trois ans et demi que ce boulanger qui selon ses propres mots « vit de sa passion » ouvre son commerce chaque matin à la même heure. Heureux à la tête de ses 22 salariés, l’homme se dit qu’avec le chômage qui sévit dans le pays il ne peut qu’être sur la bonne voie.

Mais un contrôle de l’inspection du travail va vite mettre fin à ses ambitions ainsi qu’à celles de 4 autres boulangers du pays.

Pour s’être mis en infraction vis à vis d’une réglementation de 1999 qui impose un jour de fermeture hebdomadaire, 4 des 5 accusés ont été condamnés à une amende de 500 € avec sursis, le cinquième ayant été relaxé.

Bien que depuis le mois de Février Stéphane Cazenave baisse le rideau de son commerce chaque lundi il n’en reste pas moins convaincu que c’est une mauvaise idée :

« On est à Dax, première ville thermale de France, où les curistes affluent de mars à novembre. Fermer un jour par semaine, cela représente une perte sèche de 250.000 euros de chiffre d’affaires par an. Si j’ai une baisse d’activité, je vais devoir licencier un ou deux de mes 22 salariés. »

Et l’un de ses employés de renchérir :

« On ne comprend pas ! lâche Guillaume Capdupuy, le chef pâtissier. Notre entreprise fonctionne bien. Notre qualité de vie est idéale : on a deux jours de congé consécutifs, un dimanche de temps en temps, et des vacances au moment où on le demande. Sanctionner notre patron parce qu’il travaille, dans la conjoncture actuelle, c’est marcher sur la tête ! »

stephane-cazenave

Crédit : sudouest

Alors qu’au début de l’année quand l’affaire avait éclaté, l’UMP (Les Républicains) avait lancé une pétition que même François Fillon avait signé, c’est Stéphane Moreau un autre des boulangers condamnés qui a aujourd’hui le mot de la fin :

« On va travailler moins, payer moins de TVA et moins de charges sociales, et s’il le faut on licenciera. »


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