Taxe tampon : Un collectif envoie des culottes tachées de rouge au gouvernement

C’est dans la nuit du 14 au 15 Octobre dernier, après le rejet de la demande d’abaissement de la TVA sur les tampons et serviettes hygiéniques de 20 à 5.5%, que la mobilisation est née.

Depuis, parmi les collectifs, les associations et sur les réseaux sociaux, la taxe tampon ne cesse de faire parler d’elle jusqu’à l’envoi hier, d’une centaine de petites culottes tachées de rouge directement à l’adresse de l’Élysée.

tampon

Voilà comment le collectif Culotte Gate fondé à la mi-Octobre par plusieurs membres du forum MadmoiZelle, a choisi d’exprimer sa colère face à ce que ses membres qualifient de décision « sexiste et injustifiée », à savoir le maintient des articles d’hygiène féminine hors de la catégorie des produits de première nécessité. Selon elles, la baisse est indispensable :

« Afin de permettre à toutes les personnes en France dotées d’un utérus de pouvoir vivre leurs menstruations sereinement et sans tabou. »

Des petites culottes par dizaines

Ce mardi matin François Hollande et Manuel Valls ont donc reçu comme leur étant directement adressées plus d’une centaine sous-vêtements féminins sur lesquels les règles avaient été symbolisées par de la peinture rouge.

L’association FièrEs et d’autres, n’ont pas manqué de relayer et de soutenir l’action tout comme de nombreuses jeunes femmes anonymes qui elles aussi, ont choisi de s’exprimer par le biais des réseaux sociaux.

Léa, qui fait partie du collectif Culotte Gate précise d’ailleurs que la date du 2 Novembre n’est pas limitante et que l’action se poursuit dans le temps. Toutes celles qui voudront participer pourront joindre le manifeste du collectif à leur envoi :

« Pour que les protections hygiéniques soient reconnues comme produits de première nécessité,
Faudrait-il que la moitié des travailleurs ne viennent plus exercer leur activité professionnelle plusieurs jours par mois ?
Parce que dans une vie, les protections hygiéniques représentent un budget de 1500 euros,
Parce qu’aujourd’hui en France, une canette de soda est considérée comme un produit de première nécessité, et un tampon comme un produit de luxe,
Parce que c’est un produit de première nécessité pour tout.e.s et encore plus pour les personnes vivant dans la rue, pour le maintien de la dignité la plus élémentaire,
Parce que ce n’est à personne, et certainement pas à des hommes cis de nous expliquer comment vivre nos règles et fixer leur coût,

Nous vous demandons de baisser la TVA sur les protections hygiéniques afin de permettre à toutes les personnes en France dotées d’un utérus de pouvoir vivre leurs menstruations sereinement et sans tabou.
Alors n’entachez pas nos culottes par une décision sexiste et insensée.
Les protections hygiéniques sont un besoin pour toutes les personnes ayant leurs règles. »

Pour rappel, au delà du refus du gouvernement d’abaisser le taux de TVA sur les tampons et les serviettes hygiéniques, ce sont les déclarations du député Christian Eckert comparant ces articles à « de la mousse à raser » ou encore « des taux réduits chez Mickey » qui avaient énormément fait réagir un peu partout sur les réseaux sociaux.


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