Des spermatozoïdes produits in vitro par des chercheurs français pourraient résoudre le problème de l’infertilité masculine

Après plus de 15 ans de travail sur le sujet, une équipe de chercheurs en biologie et en reproduction masculine de Lyon vient de mettre au point le moyen de produire des spermatozoïdes in vitro.

spermatozoides in vitro

crédit : magicmaman

L’infertilité masculine touche environ 120 000 hommes et chaque année 15 000 jeunes adolescents atteints par des cancers dont les chimiothérapies agressives risquent de compromettre la fertilité future.

C’est pourquoi, cet été, un brevet a été déposé par le laboratoire Kallistem et les docteurs Marie-Hélène Perrard et Philippe Durant issus respectivement de l’institut de génomique (CNRS/université Claude Bernard de Lyon) et de l’INRA, visant à la création de spermatozoïdes in vitro.

La spermatogenèse en tant que procédé complexe et long (il faut en effet 72 jours pour qu’une cellule primordiale acquière la possibilité de reproduction) n’est pas quelque chose de simple à reproduire. Pour tenter de simuler cette création, il a fallu à l’intelligence des chercheurs, ajouter le savoir-faire du laboratoire d ’ingénierie des matériaux polymères de monsieur Laurent David.

L’équipe a ainsi pu réussir la prouesse scientifique et technologique de fabriquer grâce d’une part au chitosane présent à l’état naturel dans la composition de certains champignons, et d’autre part à une imprimante 3D, de petits tubes séminifères capables de supporter la culture des spermatozoïdes. Le docteur Perrard explique :

« Pour la première fois, nous avons réussi à obtenir en cultures cellulaires des spermatozoïdes humains complètement formés, à partir de biopsies testiculaires d’hommes stériles »

Cependant tous les problèmes ne sont pas résolus et il faudra encore attendre quelques années au moins avant de pouvoir espérer donner la vie à un enfant né de ces spermatozoïdes. Il faut en effet encore réaliser de nombreux tests afin de savoir si de telles cellules seraient capables de féconder un ovule et surtout connaitre la qualité du patrimoine génétique ainsi transmis.

Toutefois, le docteur Marie-Helène Perrard déclarait :

« Si tout se passe bien et que nous obtenons assez de financements pour continuer nos travaux, nous pourrions commercialiser notre système dans deux à quatre ans »


Suivez nous sur facebook

Réagissez à cet article !