Résistance bactérienne : malgré les risques, les Français toujours accros aux antibiotiques

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié un rapport ce 18 novembre, alertant sur la surconsommation des antibiotiques. Les Français sont toujours aussi accros.

antibiotiques

Après une chute amorcée au début des années 2000, la consommation des antibiotiques en France est restée stagnante entre 2005 et 2015. Elle a d’ailleurs légèrement augmenté pour être plus précis, passant de 29 doses par jour sur 1000 habitants en 2005 à 30 doses par jour en 2015. C’est ce que nous apprend l’ANSM à l’occasion la Journée Européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques.

Cette augmentation de la consommation paraît très peu. Toutefois, la situation reste problématique quand on sait que l’objectif initial était de faire baisser davantage la consommation. Le plan 2011-2016 du gouvernement visait notamment à diminuer la consommation d’antibiotiques de 25%. Les résultats sont très loin des objectifs.

Sur le plan Européen, la France reste l’un des plus mauvais élèves. Seules la Grèce et la Roumanie la devancent sur le plan de la surconsommation des antibiotiques.

Résistance aux antibiotiques : le fléau ne cesse de grandir

Chaque jour, plus de 30 personnes meurent d’une infection bactérienne dite multi-résistante et devenue impossible à vaincre. La consommation inutile, voire excessive des antibiotiques est la principale mise en cause dans cette résistance.

Pour Bruno Coignard, directeur des Maladies infectieuses à Santé Publique France, «On ne surveille pas la consommation d’antibiotiques juste pour dire aux Français de ne pas en prendre. On la surveille, car aujourd’hui on assiste à une évolution de certaines résistances à ces médicaments».

Des prescriptions souvent inutiles

Plus de 90 % des antibiotiques utilisés en France en 2015 l’ont été sous prescription en médecine de ville, un chiffre qui suggère une consommation plus modérée dans les établissements de santé (hôpitaux et cliniques).  Or, selon le gouvernement, « entre 30 et 50 % de ces traitements sont prescrits inutilement, car inadaptés aux pathologies diagnostiquées« .

Face à la résistance aux antibiotiques qui prend de l’ampleur, des mesures ont été annoncées pour renforcer la lutte contre ce phénomène qui, à terme, remettra en cause les possibilités de traiter les infections, même les plus courantes.


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