Recrudescence du choc toxique lié aux règles : les tampons pointés du doigt

Une vaste collecte de tampons hygiéniques usagés vient d'être lancée par le Centre National de Référence des Staphylocoques, basé à Lyon. La collecte est réalisée dans le but de faire avancer les recherches sur le syndrome du choc toxique lié au cycle menstruel.

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Cette maladie avait entre temps disparu pour réapparaître au début des années 2000. Depuis, le nombre de cas recensés chaque année ne cesse de croître. En 2004, 5 cas avaient été déclarés, puis 19 en 2011 et 22 en 2014. Au moins une femme en est morte.

La maladie revient donc au cœur des préoccupations des médecins. Le centre national de référence des staphylocoques de Lyon a décidé de pousser plus loin les recherches pour mieux comprendre les tenants et aboutissants du syndrome.

Le choc toxique lié aux règles : c’est quoi ?

C’est une maladie aiguë qui, comme son nom l’indique, est liée aux règles. Elle se manifeste par des symptômes ressemblant à ceux d’une gastro-entérite. Elle commence par un malaise général, des maux de tête et vomissements, une forte fièvre. Le tout est généralement suivi d’une dégradation de l’état du patient. Justine, une jeune femme qui en a souffert récemment raconte que « tout son corps était devenu rouge », comme si elle avait pris « un énorme coup de soleil ».

L’agent pathogène responsable du syndrome n’est rien d’autre qu’une bactérie de type staphylocoque aerus (doré). L’infection touche particulièrement les jeunes filles ou femmes âgées entre 13 et 36 ans, selon les cas recensés en France ces dernières années.

Tampon hygiénique et prolifération des bactéries

Le choc toxique lié aux règles peut potentiellement toucher 1% des femmes, notamment celles qui sont porteuses du staphylocoque doré.

Au cours d’une conférence de presse organisée ce mercredi par le professeur Gérard Lina, ce dernier a expliqué qu’avec un tampon, « le fluide menstruel est bloqué, il va rester chaud. C’est donc un milieu de culture formidable et s’il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut éviter de garder un tampon pendant plus de 4 heures. Plus on le garde, plus les bactéries prolifèrent.

Pour avancer dans les recherches autour de cette maladie, la vaste collecte de tampons usagés est organisée avec l’espoir d’en récolter au moins 1000.

Si vous souhaitez participer à la collecte, il suffit de vous rendre sur le site du CHU Lyon (www.chu-lyon.fr) ou d’envoyer un mail à l’adresse gerard.lina@univ.lyon1.fr pour de plus amples informations. L’intérêt pour les participantes est aussi de savoir si elles sont porteuses de la bactérie qui pourrait les exposer au risque de développer ce syndrome.


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