Quand une intelligence artificielle est capable de prédire la mort

Des scientifiques ont mis au point un logiciel capable de prédire la durée de survie d’un patient atteint d’une maladie cardiaque grave.

Modélisation 3D d’un cœur

Estimer l’espérance de vie de patients atteints de maladies graves est apparemment quelque chose qui intéresse de plus en plus les scientifiques. Il y a quelques semaines, des chercheurs japonais présentaient un procédé d’analyse de sang permettant d’estimer avec une grande précision le temps qu’il resterait à vivre à un patient en phase terminale d’un cancer. À leur tour, ce sont des scientifiques britanniques de la London Institute of Medical Sciences qui viennent de dévoiler une intelligence artificielle avec une finalité similaire. Elle serait capable d’estimer à peu près quand le cœur d’une personne atteinte d’une maladie cardiaque s’arrêterait.

Pour ce faire, le programme se base à la fois sur des analyses sanguines et sur des examens cardiaques des patients dans le but de déceler des anomalies liées à des défaillances du cœur. Concrètement, le logiciel est capable d’enregistrer en temps réel les mouvements du cœur d’un patient obtenus grâce à l’imagerie par résonance magnétique. Un cœur virtuel est par la suite modélisé en 3D et reproduit en près de 30 000 points la façon dont l’organe se contracte à chaque battement.

Lorsque ces paramètres sont combinés avec les dossiers de santé des patients, l’intelligence artificielle peut prédire à peu près quand le cœur pourrait lâcher. Le procédé a été testé sur 256 patients souffrant d’hypertension artérielle pulmonaire et a pu prédire 80 % des cas de survie après un an. Une telle précision est bien au-dessus du taux de réussite des pronostics des médecins.

L’hypertension artérielle pulmonaire est une maladie qui endommage une partie du cœur, et environ un tiers des patients qui en souffrent meurent dans les cinq ans qui suivent leur diagnostic. Il existe pourtant des traitements. Ceux-ci vont des médicaments à des injections dans les vaisseaux sanguins, en passant par une greffe de poumon. Les médecins ont cependant besoin d’avoir une idée de la durée de survie des patients afin de choisir le traitement approprié.

L’intérêt de cette intelligence artificielle réside donc dans le fait qu’elle les aiderait à formuler des diagnostics plus précis et plus complets qu’actuellement. Cela permettrait de mieux orienter les traitements proposés aux patients.

Les détails de cette étude ont été publiés dans le journal Radiology. La prochaine étape pour les chercheurs est de tester le programme dans plus d’hôpitaux, mais aussi avec d’autres pathologies cardiaques avant de pouvoir songé une éventuelle démocratisation à l’avenir.


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