Pendant deux ans, les abeilles se feront massacrer légalement

Après quelques années de tergiversation, le projet de loi "pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages" vient d'être adopté par le parlement. Annoncé par François Hollande depuis 2012, ce projet prévoit entre autres l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes, dits « tueurs d’abeilles », mais cela ne prendra effet qu'en 2018, voire 2020.

pesticides abeillesIls ne seront plus autorisés à partir du 1er septembre 2018. L’attente fut longue pour tous ceux qui soutiennent le projet depuis son évocation il y a quatre ans.

Le projet de loi est passé en relecture pas moins de quatre fois, faisant de multiples navettes parlementaires. Il a beaucoup traîné dans les couloirs, car relégué au second plan par d’autres priorités.

Pour sa dernière lecture, le projet de loi a fait l’objet de débats particulièrement vifs. Le point de discorde était justement celui de l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes. La mesure a  d’ailleurs été adoptée contre l’avis du Sénat qui l’avait rejetée en mai dernier, suggérant une réduction progressive sans pour autant préciser une date limite.

Cette fois encore, il aura fallu un vote soudé de toute la gauche pour faire passer le projet de loi à l’Assemblée, alors que Les Républicains et l’UDI ont voté contre, dénonçant «une écologie punitive».

Comme pour temporiser la mesure d’interdiction, le projet de loi accorde des dérogations qui autorisent l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes dans certaines conditions jusqu’au 1er juillet 2020, notamment lorsqu’il n’existe aucune alternative. Les modalités de telles dérogations n’ont cependant pas été précisées.

Pour rappel, les insecticides néonicotinoïdes font l’objet de vives contestations par plusieurs associations écologiques dont le Fond Mondial de la Nature, France Nature Environnement, la Ligue de protection des oiseaux, la Fondation Hulot (FNH), Humanité et Biodiversité, et l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN).

Il est notamment reproché à ces insecticides leurs conséquences létales sur les abeilles. Ségolène Royal déclarait à ce propos il y a quelques jours :

« C’est indispensable de mettre fin à l’usage de ce type de produits chimiques, d’insecticides, qui tuent les abeilles, c’est-à-dire portent atteinte à la biodiversité mais aussi finalement à l’agriculture, puisque les abeilles sont les pollinisateurs (…) Les néonicotinoïdes touchent le cerveau des abeilles, et donc elles ont aussi un impact sur la santé humaine. Il est temps de comprendre que c’est en fixant des règles fermes que les chercheurs et les industriels investiront dans d’autres produits de substitution qui ne portent pas atteinte à la santé humaine. »


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