Grâce à un hack, ils gagnaient à volonté le jackpot aux machines à sous

Un gang de hackers russes a trouvé le moyen d'engranger des sommes considérables aux machines à sous, à l'aide d'un simple smartphone.

Au casino, on perd bien plus souvent que l’on ne gagne, et la probabilité est encore plus mince de décrocher le gros lot. Mais quel joueur n’a jamais rêvé de percer le secret des machines à sous de sorte à les siphonner à volonté ? Ça, des hackers russes l’ont réussi et pouvaient se faire jusqu’à 10 000 dollars par jour.

Comme vient de le révéler le magazine Wired, le gang était formé de 4 individus opérant dans plusieurs casinos aux États-Unis. Bien sûr, pour ne pas trop éveiller les soupçons et se faire traquer, ils s’arrangeaient pour ne pas dépasser une certaine limite de gains par machine (environ 1 000 $). Toujours est-il qu’ils s’en sortaient trop souvent avec un bon pactole. La probabilité était bien au-dessus de la « normale », ce qui a fini par alerter l’équipe du casino Lumiere Place, situé à Saint-Louis, dans le Missouri.

Un procédé assez original

En analysant les vidéos prises par les caméras de surveillance un soir, les responsables n’ont pas tardé à découvrir le joueur particulièrement chanceux. Il s’agissait d’un homme aux cheveux noirs, âgé dans la trentaine. Contrairement à la plupart des tricheurs des machines à sous, il ne semblait à aucun moment bricoler quoi que ce soit sur les machines ciblées, qui étaient toutes des modèles anciens fabriqués par la société australienne Aristocrat Loisirs. La seule chose qui paraissait étrange est qu’il appuyait sur les boutons tout en ayant discrètement son iPhone braqué sur l’écran des machines.

Après plusieurs tentatives sans rien gagner, il sort et revient un peu plus tard pour rejouer. C’est alors qu’il voyait la chance lui sourire. Il a ainsi gagné jusqu’à 1300 $ par machine, en bonifiant des investissements de 20 à 60 $. En l’espace de deux jours, il avait encaissé un peu plus de 21 000 $ dans le même casino.

La tête du réseau était à Saint-Pétersbourg

Après avoir découvert le pot aux roses, Lumiere Place n’a pas tardé à alerter les casinos voisins. Très vite, un total de 4 individus opérant de la même manière ont été arrêtés. L’homme du premier casino a été identifié sous le nom de Murat Bliev. Il s’agit d’un russe de 37 ans qui n’était aux États-Unis que depuis quelques semaines. Les trois autres étaient aussi de la même nationalité.

Les 4 joueurs chanceux n’étaient que les bras opérationnels d’un réseau de hackers qui tirait les ficelles depuis la ville de Saint-Pétersbourg, en Russie. Mais vous vous demandez forcément comment ils arrivaient à tomber sur des combinaisons gagnantes aussi facilement.

Les enquêtes ont révélé que pour ce faire, ils choisissaient toujours le même modèle de machine à sous, un Mark VI d’Aristocrat Leisure fabriqué en Australie. Le joueur commençait ses parties tout en les filmant avec son smartphone. Après plusieurs essais, il envoyait la vidéo à la tête du réseau situé en Russie. Sur la base des tirages successifs, les hackers arrivaient à décortiquer l’algorithme sur lequel s’appuie le générateur de nombres pseudo-aléatoires de ces machines. Car oui, presque toutes les machines à sous sont basées sur un algorithme et ne sortent rien au hasard.

Le modèle de machine ciblé est particulier en ce sens qu’il faut appuyer sur des boutons pour stopper les rampes afin d’obtenir les combinaisons gagnantes. Grâce à une application mobile, les hackers faisaient ainsi vibrer le smartphone de leurs complices opérationnels lorsqu’il fallait appuyer sur le bouton pour obtenir une combinaison gagnante. L’application vibrait exactement un quart de seconde avant le moment optimal, car « le temps de réaction normal d’un être humain est d’environ un quart de seconde », souligne Willy Allinson, un consultant en sécurité, interrogé par Wired.

Les complices opérationnels ne touchaient que 10 % des gains, ce qui est assez considérable vu les montants engrangés. Les 90 % restants du pactole étaient envoyés en Russie.


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