Généralistes, pédiatre, ophtalmo, gynéco: habitez-vous dans un désert médical? 

Il faudrait un « État d’Urgence sanitaire ». C’est le cri de l’association UFC-Que Choisir. Elle vient de publier une étude sur l’accès aux soins de santé et sur les dépassements d’honoraires. Son constat se résume en une phrase : « La fracture sanitaire se creuse ! »

accès soins santé

C’est la deuxième fois que l’association rend publics les résultats d’une enquête sur l’accès aux soins médicaux en France. Il y a 4 ans, son constat était tout aussi critique. Mais entre 2012 et 2016, la situation ne s’est guère améliorée. Au contraire, elle empire. L’accès à un médecin généraliste à moins de 30 minutes du domicile « s’est dégradé pour plus du quart de la population ».

L’analyse, basée sur les données d’assurance maladie a été faite suivant deux dimensions : accès géographique et accès financier. Quatre spécialités ont focalisé l’attention de l’association : généralistes, pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues.

Les mêmes problèmes se rencontrent partout. Mais si les zones rurales sont plus marquées par une faible disponibilité de médecins, les villes sont davantage confrontées au problème d’accès financier, avec plus de médecins qui facturent les dépassements d’honoraires.

3,2 millions de Français vivent trop loin d’un médecin

D’après le rapport, 14,6 millions de personnes, soit 23 % de la population métropolitaine ont des difficultés à trouver un médecin généraliste à moins de 30 minutes de leur domicile. Pire, 5 % d’entre eux (3,2 millions) vivent dans un désert médical caractérisé par une densité de médecins trop faible (inférieure de 60 % à la moyenne nationale). Cela voudrait dire qu’il faudrait parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver un médecin (surtout spécialiste).

Dans les détails, 30 % des Français ont un accès « restreint  » à un gynécologue, 28 % à un ophtalmologiste, et 33 % à un pédiatre.

Toujours plus de dépassements horaires.

Comparativement aux chiffres de 2012, l’UFC-Que Choisir note une dégradation rapide de l’accès aux médecins spécialistes ne pratiquant pas de dépassements d’honoraires (en secteur 1). L’offre a reculé pour plus de 50% des usagers au tarif de la sécurité sociale, et cela concerne toutes spécialités étudiées (hors généralistes).

Davantage de médecins font payer des dépassements d’honoraires : 60 % des gynécologues, 56 % des ophtalmologistes et 32 % des pédiatres. Pour les généralistes par contre, ils sont 9 % à les facturer.

Et vous, vivez-vous dans un désert médical ? Vous pouvez retrouver la carte interactive de l’UFC-Que Choisir ici.


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