Exposition aux ondes : 9 téléphones portables sur 10 dépassent les limites recommandées

Il existe une réglementation européenne qui définit les limites d’émission d’ondes de nos téléphones portables et appareils électroniques. Mais pour l’évaluation des expositions aux radiofréquences, il y a les mesures théoriques et celles effectuées dans des conditions réelles d’utilisation.

Le débit d’absorption spécifique (DAS) est le principal indicateur qui permet d’évaluer l’impact de ces ondes sur la santé humaine. Cet indice correspond à la quantité de chaleur absorbée par les tissus humains sous forme d’énergie. Ainsi, plus le DAS d’un appareil est faible, moins le corps est exposé aux ondes. Le DAS s’exprime en nombre de watts par kilogramme (W/kg) et sa limite pour les appareils électroniques utilisés dans l’Union européenne est fixée à 2 W/kg pour les expositions à la tête et au tronc. Pour le reste du corps, elle est fixée à 4W/kg.

Si les fabricants restent en dessous des limites prescrites par le droit européen, ce n’est pas vraiment le cas quand on tient compte des conditions réelles d’usage. Selon l’Agence nationale des fréquences, 89% des téléphones portables dépassent les seuils d’exposition aux radiofréquences dans les conditions réelles d’utilisation.

Pour comprendre comment une telle chose est possible, il faut savoir que les tests des fabricants sont effectués en laboratoire et que la réglementation européenne comporte des failles. En effet, si celle-ci impose que pour les tests au niveau de la tête, la mesure soit faite avec les appareils collés à l’oreille, il n’existe aucune contrainte pour ce qui est des tests concernant le reste du corps. Les industriels ont ainsi la liberté de fixer la distance des tests, et donc de la choir de sorte que la limite ne soit pas dépassée.

Résultat, « 89 % des téléphones mesurés au contact par l’ANFR présentaient un DAS supérieur à 2 W/kg et 25 % un DAS supérieur à 4 W/kg« . Dans certains cas, le DAS atteignait même 7 W/kg.

Dans la pratique, les fabricants effectuent leurs tests sur la base d’une distance de 15 à 25 mm, à l’exception de certains modèles récents pour lesquels les distances sont moindres. Tout compte fait, ces distances sont bien supérieures à celles que l’on constate dans les conditions réelles d’usage. On sait par exemple que le portable est souvent porté dans la poche des chemises, de veste ou de pantalon, soit au contact direct avec la peau.

Pour se défendre, les fabricants arguent qu’ils précisent bien dans leurs notices que les tests ont été effectués à une certaine distance du corps, distance qu’ils recommandent d’ailleurs aux utilisateurs en cas d’usage. Mais là encore, l’ANFR a constaté que pour 25 % des téléphones émettant plus de 2 W/g au contact du corps, la notice n’indiquait pas de distance minimale d’utilisation.


Suivez nous sur facebook

Réagissez à cet article !