Aux États-Unis, des employés contraints de porter des couches faute de pause pipi

Il semble que le climat de la filière avicole américaine ne soit pas des plus agréables pour les employés.

Pire, contraints par la peur, nombre d’entre eux seraient obligés de porter des couches pour se soulager faute de pause pipi autorisées.

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« 86% des ouvriers disent avoir moins de deux pauses-pipi par semaine »

C’est une enquête particulièrement choquante que publie l’Oxfam cette semaine et qui révèle que la majorité des salariés de l’industrie du poulet ne bénéficient pas de pause-toilettes à un rythme normal, les obligeant à porter des couches et à se sous-alimenter.

Ce secteur compte environ 250 000 employés pour qui chaque refus constitu une grave violation des lois américaines de sécurité au travail.

Afin de remettre les faits dans leur contexte, l’ONG explique dans son rapport que les usines où les pauses-pipi existent sont en général celles qui sont syndiquées, or les deux tiers ne le sont pas.

Mais même dans celles-ci pour aller faire pipi les employés sont obligés d’attendre longtemps tout en subissant les moqueries voir les menaces de leurs supérieurs ; « Va aux toilettes et après, va aux ressources humaines », avant d’obtenir jusqu’à une heure plus tard, le droit à quelques minutes de répit.

Mais là encore, les hommes et les femmes qui travaillent dans ces usines doivent souvent courir sur des sols glissants couverts de sang et de déchets animaliers avant de devoir se défaire de leurs équipements de protection.

Dans le Nord du Minnesota ce sont « 86% des employés qui déclarent avoir moins de pauses-pipi par semaine ». Dans ces conditions et à en croire le rapport, des cas d’employés incapables de se retenir plus longtemps et se faisant pipi ou caca dessus ont été rapportés.

Pour les autres, une seule « solution », le port de couche afin de pouvoir uriner et déféquer debout, à leur poste sur la ligne d’assemblage, « J’étais obligée de porter des Pampers. Moi et beaucoup d’autres étions obligés de mettre des Pampers » . L’Oxfam dénonce :

« Ils luttent pour s’adapter à ce déni d’un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d’assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux (…) et encore de graves problèmes de santé ».

Si toute la filière semble impliquée, quatre grosses entreprises sont particulièrement incriminées ; Tyson Foods, Pilgrim’s, Perdue et Sanderson Farms, soit 60% de la production et plus de 100 000 emplois.

Une cadence de production à tenir

De l’autre côté du miroir, les chefs indiquent qu’ils sont obligés de refuser les pauses des employés « à cause de la pression pour maintenir la vitesse de production. » Tyson Foods aurait déjà mis en place « assez d’ouvriers flottants » (destinés à assurer les remplacements de pause) et déjà « rencontré des représentants d’Oxfam » et d’une autre association.

Selon Sanderson Farms et Pilgrim’s, les employés sont autorisés à prendre leurs pauses normalement. Quand à Perdue, sa porte-parole indique même que deux pauses de trente minutes sont accordées par journée de 8 heures à chacun de leurs employés.


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