Discrimination à l’embauche : Michel a plus de chance de trouver un travail que Mohammed

Une enquête, menée de concert par Marie-Anne Valfort, maître de conférences à l’Université Paris 1, et l’Institut Montaigne, met en exergue la discrimination à l’embauche qui sévit en France. Un constat qui s’avère déplorable et sans appel, tant les résultats de cette étude révèle le climat xénophobe, islamophobe et antisémite qui règne au sein de « l’Entreprise française ».

Que l’on s’appelle Mohammed, Nathalie ou Esther, on ne possède pas les mêmes chances d’accéder à un simple entretien d’embauche ; alors à l’emploi, n’en parlons pas.  La raison ? Les recruteurs voient en ces noms, ou plutôt préjugent, interprètent et stigmatisent, l’origine culturelle et religieuse du candidat ou de la candidate.

Lire également : Découvrez cette vidéo qui montre que le racisme existe encore aux États-Unis de nos jours

embauche france

Discrimination : A quand les 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende ?

Un employeur se rendant coupable d’une discrimination à l’embauche prouvée et avérée encoure, selon les textes de loi, jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Mais pour l’instant, il faut fouiller les archives tel un archéologue pour retrouver pareille ou similaire condamnation. Une des dernières affaires en date a concerné Airbus, qui a été condamné, en 2012, à 18 000 euros d’indemnités pour discrimination raciale à l’embauche. L’origine de la personne discriminée ? Algérienne.

Depuis 2012, rien ne semble avoir changé. Pour mener à bien son enquête, Marie-Anne Valfort s’est alors rendu « sur le terrain » pendant un an. De septembre 2013 à septembre 2014 elle a procédé à l’envoi de 631 candidatures d’emploi à un poste de comptables, assistants et secrétaires comptables en métropole. Elle avait pris soin d’envoyer des CV présentant une parfaite similitude du point de vue des diplômes, des compétences et de l’expérience professionnelle. En revanche, elle avait choisi des noms à consonance catholique, musulmane et juive pour les différencier.

En comparant les résultats des réponses pour chacune des candidatures, elle s’est rendu compte que des profils similaires sur le plan des études, des diplômes et de l’expérience professionnelle n’avaient pas les mêmes chances selon les origines culturelles et religieuses que suggéraient leur nom de famille, leur prénom et leur scolarité dans une école confessionnelle.

Le constat est sans appel, les musulmans et les juifs sont nettement plus discriminés en France que ne le sont les catholiques. Cet écart varie aussi selon le sexe, comme quoi, la discrimination ne concerne pas que les appartenances religieuses…


Suivez nous sur facebook

Réagissez à cet article !