En Zambie, les femmes ont droit à un jour de congé pendant leurs règles

Depuis le 1er janvier 2017, les femmes zambiennes salariées peuvent poser un jour de congé par mois pour mieux vivre la période parfois douloureuse des menstruations.

En plein 21e siècle, il se trouve encore qu’un peu partout dans le monde, les femmes sont toujours à la lutte pour la valorisation de leur statut. Les défis varient en fonction des époques. Et s’il y a encore quelques siècles, elles n’avaient même pas le droit de voter ou même d’exercer une activité professionnelle dans beaucoup de pays, on parle davantage aujourd’hui de parité, d’égalité et de tout ce qui va avec.

D’un pays à l’autre, les avancées ne se font pas au même rythme. La Zambie en ce qui la concerne vient de voter une loi spéciale : les femmes qui travaillent peuvent désormais prendre un jour de congé pour mieux faire face aux inconforts liés à leurs règles. Cette loi porte le nom « jour des mères », même si dans l’application, toutes les femmes y ont droit.

Une loi controversée

Elle a beau être sympa, elle ne fait pas l’unanimité en Zambie. Si beaucoup l’applaudissent, d’autres estiment qu’elle aura des répercussions négatives sur la productivité et sur les affaires. BBC a interrogé à ce propos  Mutinta Musokotwane-Chikopela, elle-même femme, mère de trois enfants. Ce n’est pas pour autant qu’elle se montre enthousiaste face à l’arrivée du « jour des mères » :

“Personnellement, je n’y crois pas, et je ne prendrais pas ce congé. Les règles sont une chose normale pour le corps féminin, comme la grossesse ou l’accouchement. Je pense que les femmes en profitent. Surtout qu’il n’y a aucun moyen de prouver que vous avez effectivement vos règles”.

Les employeurs peuvent être poursuivis

Il y a sans doute beaucoup d’employeurs qui pensent comme Mutinta Musokotwane-Chikopela. Et avec une telle hostilité, les velléités anticonformistes face à cette loi ne manqueront pas. Celle-ci anticipe justement sur les cas de résistance et prévoit que l’employeur qui refuserait d’accorder ce congé à une employée pourrait être poursuivi.

Dans le même temps, les femmes n’ont pas le droit de demander ce jour de repos pour se recréer ou vaquer à d’autres occupations. S’il y en a une qui est prise en flagrant délit de mensonge, elle risque d’être tout simplement renvoyée, explique la ministre zambienne du travail :

“Si vous prenez votre journée et que vous êtes aperçue dans une discothèque, le congé ne sera pas accepté. Il ne faut pas quitter la ville, aller chez le coiffeur, ou faire les boutiques, ce qui serait un motif de licenciement. Une personne ayant été vue en train de faire des travaux de ferme, après avoir posé son congé, a déjà été licenciée”.


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