Des chercheurs prouvent une fois encore que le vieillissement est réversible

Si la science a déjà prouvé qu’il était possible de retarder le vieillissement des cellules, des chercheurs viennent de montrer que le processus est également réversible… chez des souris.

On a beau retarder le vieillissement dans l’apparence à coups de chirurgie esthétique ou même physiquement grâce une hygiène de vie optimale, force reste à la nature des choses et ce qui est inévitable finie toujours par arriver.

Récemment, nous parlions d’une expérience scientifique qui avait permis de prolonger d’environ 30 % l’espérance de vie de souris en limitant l’activité de certaines cellules qui accélèrent le vieillissement (cellules dites sénescentes). Si cette étude n’était pas suffisante pour convaincre, d’autres chercheurs, du Salk Institute for Biological Studies, sont également parvenus à des résultats similaires en suivant une différente approche scientifique.

Leurs travaux se sont reposés sur les facteurs de Yamanaka. Il s’agit de quatre gènes spéciaux découverts par le biologiste japonais Shinya Yamanaka il y a dix ans. Ces gènes sont si puissants qu’une fois activés dans des cellules en culture, ils sont capables de les faire revenir à un état embryonnaire.

Cette découverte avait des implications énormes et des chercheurs ont par la suite voulu savoir s’il était possible de tester les facteurs Yamanaka, non pas in vitro et uniquement sur certains types de cellules, mais sur l’ensemble de l’organisme de certains animaux. L’idée était de voir si la procédure serait en mesure de rajeunir des souris. Mais deux expériences conduites en 2013 et 2014 ont conduit à la mort de toutes les souris expérimentales.

Les cellules revenues à leur étape embryonnaire ont ensuite amorcé une croissance rapide, qui est vite devenue incontrôlable, entraînant la mort des souris par cancer. Dans leur tentative de contourner ce problème, les chercheurs du Salk Institute for Biological Studies ont fait le choix d’induire les facteurs Yamanaka sur de courtes périodes répétées. Pour mieux mesurer les résultats, ils ont travaillé sur des souris qui souffraient de la progéria, une maladie qui accélère anormalement le processus de vieillissement.

Non seulement la croissance anormale des cellules souches a pu être maîtrisée, mais les souris semblaient plus jeunes : leur colonne était moins courbée avec l’âge et le fonctionnement des organes était amélioré. Les souris avaient aussi moins de signes de vieillissement que chez celles qui n’étaient pas traitées.

L’expérience a par la suite été reconduite sur des souris normales, mais âgées. Les résultats ont été similaires, avec des animaux qui avaient rajeuni et qui se remettaient plus facilement de lésions musculaires.

Pour finir, les chercheurs ont aussi étudié des cellules humaines modifiées génétiquement pour activer les facteurs Yamanaka avec un traitement. Ils ont remarqué que quand ils traitaient les cellules, elles paraissaient plus jeunes au niveau moléculaire, ce qui ouvre la voie à des perspectives intéressantes.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique Cell.


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