Aylan, 3 ans : l’échec du monde dans la photo d’un enfant mort noyé

Aylan avait trois ans, son frère Galip en avait 5 ; comme des milliers de migrants chaque jour ils ont essayé de fuir la guerre et les maltraitances. Comme des dizaines de migrants chaque jour ils ont trouvé la mort, sur une plage en Turquie.

aylan kurdi galip kurdi migrants

crédit : dr

Avant de devenir par sa mort le symbole d’une Europe qui préfère fermer les yeux plutôt que d’ouvrir les bras, le petit Aylan était un enfant, plus tout à fait un bébé, comme les autres ou presque. Un enfant comme les autres à ça près qu’Aylan dans la nuit du 2 au 3 Septembre ne rêvait pas aux premières journées d’école qu’il venait de passer.

Aylan était un migrant, un réfugié syrien qui, avec sa mère et son frère tentait de passer de la Turquie à la Grèce pour enfin, plus loin, au bout d’un périple interminable et dangereux, trop dangereux, peut-être atteindre le Canada ou les attendait leur tante ; ils n’arriveront jamais.

La distance n’est pourtant pas longue, il y a à peine 23 km à vol d’oiseau entre Bodum, la ville côtière qui les voit partir et l’île de Kos en Grèce où ils espèrent arriver. Mais la mer est mauvaise et l’embarcation sur laquelle se trouve la vingtaine de migrants qui ont chacun déboursé 900€ pour la traversée, chavire.

Les cris des hommes, des femmes et des enfants alertent les gardes-côtes turques mais il est déjà trop tard pour Aylan et pour d’autres. Leurs corps sont retrouvés sans vie au petit matin sur une plage.

aylan turquie migrants

crédit : AFP

Et la photo fait le tour du monde, ce garde-côte le visage bouleversé devant ce que personne ne devrait jamais voir, la mort d’un enfant qui voulait juste sauver sa vie.

La presse mondiale (à l’exception notable d’une grande partie des journaux français) livre son édition de mercredi matin au son de l’indignation, du choc, de la honte et de la douleur : 

dailymirror migrants aylan

crédit : dailymirror

the times migrants aylan

crédit : the times

Partout la presse est unanime, le premier Ministre Manuel Valls reprend lui-même la photo sur son compte Twitter :

Pourtant, depuis Janvier les côtes turques ont déjà vu débarquer 42 000 migrants alors que près de 2 millions de Syriens ont transités par le pays depuis le début de la guerre il y a 4 ans. Tout ce qu’ils demandent, tout ce que demandait Aylan, son frère et sa maman, c’est pouvoir vivre et fuir les persécutions dont ils sont l’objet.

L’Europe et la France qui a eu tant de mal à mettre Aylan en « Une » au profit des agriculteurs en colère, durcissent toujours plus les conditions d’entrée dans leur zone. Récemment encore l’Angleterre demandait l’aide de la France pour repousser les migrants tentant de passer par le tunnel sous la Manche. Aylan n’est pas le premier enfant à perdre la vie en essayant de la sauver et sans doute pas le dernier.

Mais combien de petits garçons et petites filles de 3 ans, 5 ans ou 10 ans, faudra t-il pour que les pouvoirs publics se réveillent et prennent des décisions quant à ce que l’on appelle communément « la crise des migrants » ?


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