Attentats de Paris : Les points communs entre le discours de G W. Bush en 2001 et celui de François Hollande

Trois jours après les attaques terroristes qui ont causé la mort de 129 personnes et fait 352 blessés, le Président de la République française prononçait un discours jugé sécuritaire aux accents militaires devant le Parlement en Congrès à Versailles.

Par certains points celui ci rappelle l’allocution prononcée devant le Parlement américain par George W. Bush le 20 Septembre 2001, 9 jours après les attentats du World Trade Center qui faisaient 2985 victimes.

discours bush hollande

D’aucun affirmeront que les circonstances d’une attaque terroriste de grande envergure auront forcé les points communs entre les discours des deux chefs d’État pourtant prononcés avec 14 ans d’intervalle.

La solidarité des autres pays

Dans un cas comme dans l’autre G W. Bush et F Hollande en appellent à la solidarité des autres puissances internationales face au drame que leurs nations viennent de connaître. Toutefois le président américain emploie en 2001 un ton plus belliqueux et presque menaçant allant jusqu’à prononcer cette phrase :

« Nous poursuivrons les nations qui fournissent de l’aide ou de la protection au terrorisme. Chaque nation, dans chaque région, a maintenant une décision à prendre. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes. »

Le président français quant à lui opte davantage pour invoquer la coopération entre les nations et le fait que l’État islamique à déjà touché et touchera sans doute encore les populations internationales :

« Depuis le début de l’année, l’armée terroriste de Daech a notamment frappé à Paris, au Danemark, en Tunisie, en Egypte, au Liban, au Koweït, en Arabie saoudite, en Turquie, en Libye. Elle massacre chaque jour et opprime des populations. C’est la raison pour laquelle la nécessité de détruire Daech constitue un sujet qui concerne toute la communauté internationale. J’ai donc demandé au Conseil de sécurité de se réunir dans les meilleurs délais pour adopter une résolution marquant cette volonté commune de lutter contre le terrorisme. »

La guerre est déclarée

Les circonstances étant similaires, un profond patriotisme étreint les deux prises de parole qui évoquent chacune un « pays de liberté patrie des droits de l’homme » et les « défenseurs de la liberté plus tôt en 2001.

D’un autre coté alors que des frappes ont d’ores et déjà été coordonnées en Syrie et que moins d’un mois après les attaques du 11 Septembre les forces militaires américaines bombardaient l’’Afghanistan, G W. Bush utilisait 14 fois le mot « guerre » contre 13 fois lundi pour François Hollande.

L’antiterrorisme au cœur des débats

Institué le 26 Octobre 2001, le Patriot Act et ses 132 pages ont été pérennisé en 2006 malgré de nombreuses critiques le jugeant liberticide :

« Nous allons mettre nos forces en commun pour renforcer nos capacités de renseignement pour connaître les plans des terroristes avant qu’ils n’agissent, et les trouver avant qu’ils ne frappent. »

Le président français quant à lui a tenu à rappeler que la France est un état de droit et qu’elle le resterait. Les mesures sécuritaires annoncées dans le discours du 16 Novembre ne font que renforcer des lois anti terrorisme d’ores et déjà en vigueur dans le pays.

L’état d’urgence par ailleurs décrété depuis samedi, ne devrait pas être prolongé au delà de sa durée initiale de trois mois. Aussi, une réforme de la Constitution et spécialement des articles 16 et 36 a été entamée :

« J’estime en conscience que nous devons faire évoluer notre Constitution pour permettre aux pouvoirs publics d’agir, conformément à l’Etat de droit, contre le terrorisme de guerre. […] Nous sommes en guerre. Mais cette guerre d’un autre type face à un adversaire nouveau appelle un régime constitutionnel permettant de gérer l’état de crise. »

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