Fiche S des renseignements : A quoi sert-elle ?

Malheureusement pas pour la première fois, le grand public vient d’apprendre qu’une grande partie des assaillants des attentats du 13 Novembre à Paris étaient répertoriés par les autorités de police grâce à une fiche S. C’est notamment le cas des 4 terroristes du Bataclan.

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    Mais en quoi consiste réellement cette fiche S ? D’où vient-elle ? À qui s’adresse t-elle et comment est-elle établie ?

    Partie intégrante d’un gigantesque fichier

    Si les trois tireurs décédés du Bataclan et la quatrième personne en fuite faisaient tous l’objet d’une fiche S, ils ne sont pas les seuls criminels « connus » à posséder cette particularité.

    Les frères Kouachi meurtriers de l’équipe de Charlie Hebdo en Janvier dernier, leur complice Amedy Coulibaly et le présumé auteur de l’attaque du Thalys qui avait lieu au mois d’Août dernier faisaient eux aussi partie de ce même fichier qui comporterait en fonction des estimations, de quelques milliers de personnes pour Bernard Cazeneuve à 11 500 pour l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy.

    Le fichier S est en fait partie intégrante d’un autre fichier bien plus vaste, celui des personnes recherchées créé en 1961 et comportant 21 catégories différentes pour 400 000 personnes parmi lesquelles il est possible de trouver des mineurs fugueurs, mais aussi des personnages du grand banditisme, des évadés ou des personnes interdites de territoire :

    • M, les mineurs en fugue
    • PJ, les personnes recherchées par la Police Judiciaire
    • V, pour les personnes évadées
    • IT, pour ceux qui sont interdits de territoire
    • S pour sûreté de l’état

    Revenons-en à la fiche S ; par un décret de 2010 peuvent y figurer les « personnes faisant l’objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard. »

    Être sous le coup d’une fiche S ne signifie donc pas être coupable de quoi que soit et est d’ailleurs temporaire. Si une personne fichée ne commet aucun trouble à l’ordre public, son nom est effacé au bout d’une année.

    Graduée de 1 à 16 en fonction de « la réponse à apporter en cas de découverte », les fiches S dont la fiche S14 correspond aux djihadistes de retour d’Irak ou de Syrie sont les plus connues de l’opinion publique.

    Bien que communes à 14 pays Européens depuis 2005, les inscriptions fiche S se font le plus souvent par l’initiative de la DGSI (Direction Générale de la Sûreté Intérieure) ou suite à une décision administrative.

    Elles contiennent à la fois l’état civil de la personne concernée, son alias si elle en utilise un, son sexe, un signalement, une photo, le motif pour lequel elle est recherchée et enfin une indication concernant la « conduite à tenir en cas de découverte ».


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