Un ancien continent perdu se cache au fond de l’océan Indien

Des chercheurs ont identifié des traces d’un ancien continent disparu qui se serait englouti au fond de l’océan Indien.

L’histoire de la Terre est fascinante. Les continents tel que nous les connaissons aujourd’hui sont le fruit de plusieurs millions d’années de mouvements des plaques terrestres. D’après la “Théorie de la dérive des continents” du météorologue et astronome allemand Alfred Wegener, la quasi-totalité des continents d’aujourd’hui constituait un seul bloc. Il s’agit du supercontinent connu sous le nom de la Pangée. Celle-ci s’est progressivement disloquée, formant les principales plaques lithosphériques qui délimitent nos continents actuels.

Notre planète compte également de jeunes îles volcaniques qui se sont formées sur des morceaux de plaques terrestres enfouis au fond des océans. C’est le cas, par exemple, de l’Islande. Dans les minéraux rejetés par ses volcans, on retrouve des particules bien plus anciennes que l’île elle-même, ce qui laisse suggérer que cette dernière se dresse sur les reliques de terres englouties.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Witwatersrand (Afrique du Sud) a entamé il y a quelques années des recherches géologiques sur l’île Maurice. En 2013, elle y a découvert des micro-cristaux de zircon, un minéral rejeté par les volcans et qui a des propriétés d’extrême résistance. Ces cristaux ont été datés entre 660 millions d’années et 1,97 milliard d’années. Ils sont donc bien plus anciens que l’île Maurice qui a elle-même été formée il y a à peine dix millions d’années.

Pour les chercheurs, il ne fait l’ombre d’aucun doute que ces cristaux proviennent du « continent perdu » connu sous le nom de « Mauritia ». Il s’agit en fait d’un microcontinent résultant de la fracture du Gondwana, cet ancien supercontinent issu lui-même de la dislocation de la Pangée. Plusieurs morceaux de Mauritia se trouveraient aujourd’hui éparpillés sous l’océan Indien, notamment en dessous de l’actuelle île Maurice.

C’est ce qui explique que cette partie de la Terre, comme d’autres, présente une attraction gravitationnelle anormalement plus forte qu’ailleurs. Cela vient du fait que la croûte terrestre y est plus épaisse. Ce phénomène est dû à la présence de grands fragments continentaux qui s’étaient engloutis au fond de l’eau et qui ont fini par fusionner avec la croûte océanique.

Cette découverte des chercheurs de l’Université de Witwatersrand a fait l’objet d’une publication scientifique parue le 31 janvier dans la revue Nature.


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