91 médicaments jugés « plus dangereux qu’utiles » par la revue “Prescrire”

La revue spécialisée "Prescrire" vient de publier sa liste actualisée des médicaments à proscrire, comme c’est le cas depuis 5 ans. Cette année, 91 produits sont pointés du doigt.

Bien que tous les médicaments exposent à des effets secondaires, il y en a qui s’avèrent être plus dangereux qu’ils ne sont utiles. Pour la cinquième année consécutive, la revue spécialisée Prescrire a actualisé sa liste de produits qu’il juge important d’écarter pour mieux se soigner. D’après elle, la balance bénéfices-risques de ces médicaments penche du mauvais côté dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l’Union européenne.

Toutes les catégories de médicaments sont passées au peigne fin depuis 2010 : cancérologie, cardiologie, diabète, rhumatologie, neurologie, psychiatrie, etc. « L’objectif est d’aider à choisir des soins de qualité, pour d’abord ne pas nuire aux patients et pour éviter des dégâts », peut-on lire dans la revue. En 2017, la liste actualisée compte 91 produits, dont 82 sont commercialisés en France.

Parmi les nouveaux arrivants, on retrouve entre autres le Muxol ou le Bisolvon. Ces médicaments sont prescrits pour soulager des maux de gorge ou des toux. Ils peuvent pourtant entraîner des réactions allergiques et des réactions cutanées graves, parfois fatales. De son côté, la bupropione (Zyban°) qui est elle destinée au sevrage tabagique est aussi à écarter. Elle n’est en effet pas plus efficace que la nicotine et expose à plus d’effets indésirables (troubles neuropsychiques, réactions allergiques).

La liste noire compte également des produits couramment utilisés pour soulager des maux bénins, comme le rhume. On peut notamment citer les décongestionnants administrables par voie orale ou nasale (l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine et le tuaminoheptane). Ces médicaments peuvent exposer les patients à des troubles cardiovasculaires graves, voire mortels.

Les critères avancés par la revue sont de plusieurs ordres. En dehors du fait que ces médicaments comportent des risques disproportionnés par rapport à leurs bénéfices, l’utilisation de certains parmi eux est dépassée, car d’autres produits présentent une balance plus favorable. On retrouve également, à contrario, des médicaments récents dont la balance s’avère pourtant moins favorable que celle de produits plus anciens. D’autres encore n’ont pas d’efficacité clinique démontrée au-delà d’un effet placebo.

L’intégralité des 91 médicaments à proscrire est disponible en accès libre dans un document téléchargeable sur le site de Prescrire.


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